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Seule la haine de David Ruiz MARTIN : L’angoisse au décor minimaliste

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Seule la haine par David RUIZ MARTIN
édité par Taurnada le 10/06/21
Pages: 252
Ce livre peut ne pas être adapté à tous les publics

Persuadé que le psychanalyste Larry Barney est responsable du suicide de son frère, Elliot le prend en otage dans son cabinet.

Sous la menace d'une arme, Larry n'a pas d'autre choix que de laisser l'adolescent de 15 ans lui relater ses derniers mois.

Mais très vite, c'est l'escalade de l'horreur : Larry est jeté dans un monde qui le dépasse, aux frontières de l'abject et de l'inhumanité. Tandis que les détails scabreux se succèdent, une seule idée l'obsède : celle de s'en sortir, à tout prix...

Un thriller psychologique qui va vous retourner la tête !!!

La grande richesse d’un livre est de pouvoir utiliser de nombreux moyens pour véhiculer une émotion. La description des lieux, des personnages, des actions sont primordiales et de nombreux auteurs le savent bien : plus elle est riche plus il est facile de garder l’intérêt du lecteur.

Voyager dans des pays merveilleux, visiter des lieux insolites, découvrir des atmosphères rend indéniablement le livre plus facile à lire.

Malheureusement il y a un biais : celui de se servir de toutes ces descriptions pour cacher, au final, un scénario pauvre ou une écriture bâclée. On voit déjà cela de manière récurrente dans les films où on vous noie sous un déluge d’effets spéciaux pour cache rune histoire d’une platitude sans nom.

Dans les livres nous avons aussi une histoire à mourir d’ennui MAIS voilà qu’on y ajoute un méchant qui, sans raison particulière, veut tuer les protagonistes. De ce fait quand le dialogue tombe à plat le méchant arrive… ou une scène de sexe. Ça marche bien le sexe aussi pour détourner le lecteur d’une mauvaise écriture.

Vous imaginez donc le talent qu’il faut pour un bon écrivain pour nous garder en haleine avec une excellente histoire sans trop user d’artifices.

Eh bien David Ruiz Martin a relevé le défi. Kamikaze, il a même décidé de nous angoisser avec pour tout décor un bureau, toute notion du temps une fenêtre et tous personnages un psy et son client.

Décor minimaliste mais angoisse maximale et ne comptez sur rien pour vous en détacher ! Le bureau du psychiatre ? Vous n’en verrez presque rien. À peine les yeux des protagonistes vont-ils, de temps en temps, se fixer sur un objet ou le canapé. La fenêtre ? Il n’y a presque personne. Seule la journée qui s’écoule, le temps qui passe marquent le tempo de cette histoire hallucinante. Non, comme Larry Barney vous n’aurez qu’un seul choix, celui d’écouter le récit monstrueux du jeune Eliott et sentir l’horreur monter au fur et à mesure que la journée se passe.

C’est sacrément brillant et addictif même s’il vous arrive des fois de manquer de souffle. Mais vous n’aurez pas le choix que de lire ce livre d’une traite.

Huit clos de génie. « Seule la haine » est à la fois un excellent thriller mais une leçon d’écriture magistrale et, pour nous lecteurs, un véritable tourbillon d’air frais qui montre que l’imagination n’a pas besoin d’effets spéciaux quand elle est bien dirigée.

 

 

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